30 septembre 2026
Aujourd’hui, à l’occasion de la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation et de la Journée du chandail orange, le Bureau du commissaire aux langues autochtones rend hommage aux survivants des pensionnats, à leurs familles et à leurs collectivités et reconnaît les répercussions durables du système des pensionnats au Canada. Nous nous souvenons des enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux.
Les pensionnats ont été un outil d’assimilation forcée. Les enfants autochtones ont été séparés de leur famille, de leur collectivité, de leur culture et de leur langue, et beaucoup ont été victimes d’abus, de négligence et de mort. Le linguicide, c’est-à-dire la suppression et la destruction délibérées des langues autochtones, était au cœur de ce système. Les enfants étaient empêchés et souvent punis parce qu’ils parlaient leur langue, ce qui perturbait la transmission de la langue, de la culture, des connaissances et des modes de savoir entre les générations.
La Journée nationale de la vérité et de la réconciliation est ancrée dans la vérité : la vérité sur ce que les survivants ont vécu, les enfants qui ne sont jamais rentrés chez eux et les répercussions durables du système des pensionnats sur les peuples autochtones, les familles et les collectivités. Le fait de nier, de minimiser ou de déformer ces dommages bien documentés cause encore plus de tort aux survivants et aux collectivités et s’oppose directement au travail de vérité et de réconciliation.
Alors que nous soulignons cette journée, nous sommes solidaires de la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc à la suite de la présence profondément préoccupante de personnes associées à des activités de suprématie blanche et de nationalisme blanc dans leur collectivité. Nous soutenons les survivants, les survivants intergénérationnels, leurs familles et leur collectivité alors que la Première Nation Tk̓emlúps te Secwépemc continue de faire connaître la vérité, d’honorer les enfants et de faire progresser le travail de responsabilisation et de réconciliation.
Les vérités dont font part les survivants et les collectivités ont contribué à tracer la voie vers la réconciliation au Canada. Les appels à l’action 13, 14 et 15 de la Commission de vérité et réconciliation demandaient la reconnaissance des droits linguistiques autochtones, l’adoption d’une loi pour préserver, revitaliser et renforcer les langues autochtones et la nomination d’un commissaire aux langues autochtones. Ces droits sont également affirmés par la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones.
La création du Bureau du commissaire aux langues autochtones a été une étape importante pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis et un jalon important sur la voie de la réconciliation. Le Bureau du commissaire s’acquitte de cette responsabilité en défendant les approches dirigées par les Autochtones et en soutenant les outils pratiques et la recherche, notamment l’initiative Voies vers la prospérité : Planification communautaire des langues autochtones et une nouvelle recherche menée par Statistique Canada sur l’utilisation des langues urbaines et les locuteurs silencieux.
Partout au pays, les aînés, les gardiens du savoir, les champions de la langue, les éducateurs, les familles et les jeunes continuent de transmettre, de se réapproprier et de renforcer leur langue. Les peuples autochtones sont les mieux placés pour diriger ce travail, et le Bureau du commissaire continuera d’accorder une place centrale aux approches dirigées par les Autochtones alors que nous travaillons à concrétiser notre vision commune de langues autochtones au Canada qui sont sûres, dynamiques et prospères.
Le 30 septembre, nous encourageons tout le monde à écouter les survivants, à apprendre des vérités qu’ils ont transmises, à remettre en question le déni et la distorsion de l’histoire des pensionnats, et à soutenir les peuples et les communautés autochtones pour faire avancer leurs langues, leurs cultures et leurs connaissances.
Candice St-Aubin
Commissaire aux langues autochtones intérimaire
Bureau du commissaire aux langues autochtones