31 mai 2026
La création du Bureau du commissaire aux langues autochtones a constitué une avancée majeure pour les Premières Nations, les Inuits et les Métis, ainsi qu’un jalon important sur la voie de la réconciliation au Canada. Nous nous engageons à remplir notre mandat en toute transparence, responsabilité et intégrité.
Lorsque le premier commissaire et les premiers administrateurs ont pris leurs fonctions en juillet 2021, ce travail revêtait un caractère d’urgence, et c’est toujours le cas aujourd’hui. Les langues autochtones du Canada témoignent des origines de notre nation et restent extrêmement vulnérables après des générations de politiques coloniales, de déplacements forcés, de pensionnats indiens et de mesures systémiques qui ont entravé la pratique et la transmission de nos langues d’une génération à l’autre. Le gouvernement du Canada a reconnu la nécessité urgente d’agir pour empêcher la disparition d’environ 70 langues autochtones encore vivantes au Canada.
La création de ce Bureau n’a pas seulement constitué une avancée institutionnelle. Elle a marqué la reconnaissance du fait que les langues autochtones sont au cœur de l’identité, de la culture, de la spiritualité, de l’autodétermination, ainsi que de la vitalité durable et du partage des savoirs au sein des peuples et des communautés autochtones. Lorsque j’ai été nommée commissaire, je me suis engagée à n’exercer qu’un seul mandat, qui prendra fin en juillet, et je suis extrêmement fière du travail accompli pour mettre en place ce Bureau et faire progresser son mandat.
Bâtir une nouvelle institution nationale est une tâche complexe en toutes circonstances. Le faire au plus fort de la pandémie de COVID-19 a posé des défis supplémentaires, notamment des restrictions en matière de déplacements, d’engagement communautaire, de recrutement et de développement organisationnel. Malgré ces défis, nous avons réussi à jeter les bases d’un Bureau capable de mener à bien cet important travail pour les années à venir.
Organisé à Ottawa en août dernier, le premier Sommet mondial sur les langues autochtones a réuni des défenseurs et des sympathisants des langues autochtones venus de tout le Canada et du monde entier afin de promouvoir, de célébrer et de partager les meilleures pratiques en matière de revitalisation des langues autochtones.
Ce sommet a mis en évidence l’ampleur et l’importance de la mission confiée au Bureau du commissaire aux langues autochtones en créant un forum international permettant aux responsables linguistiques, aux communautés et aux partenaires de partager leurs connaissances et leurs travaux de recherche, de renforcer leurs liens et de faire progresser les objectifs de la Décennie internationale des langues autochtones proclamée par les Nations Unies.
Je reconnais que l’évolution de l’Office n’a pas été sans difficultés. À l’instar de nombreuses organisations nouvellement créées, dotées de missions complexes et faisant l’objet d’attentes élevées, nous avons dû mettre en place des structures, des politiques et des pratiques internes tout en assumant nos responsabilités.
Lorsque des difficultés ou des problèmes se sont présentés, nous y avons remédié de bonne foi en appliquant notre Code de conduite et d’éthique professionnelle ; nous avons également mené des audits externes objectifs et donné suite à leurs recommandations afin de renforcer la gouvernance, les processus et la capacité institutionnelle globale de l’organisation. Des audits annuels sont également réalisés par des auditeurs externes indépendants : l’OCIL maintient une discipline budgétaire en gérant ses opérations dans le cadre d’un budget équilibré.
Afin de démontrer notre engagement constant en faveur de la transparence et des meilleures pratiques en matière de ressources humaines et de gouvernance, et dans le but de léguer à nos successeurs une organisation aussi solide que possible, l’OCIL a fait appel à des conseillers indépendants spécialisés dans la gouvernance et les ressources humaines pour évaluer la robustesse, la clarté et la mise en œuvre de nos politiques, directives et pratiques internes. Cet examen portera sur la manière dont le Bureau peut continuer à renforcer sa gouvernance, ses principes en matière de passation de marchés et ses pratiques d’approvisionnement, ses processus en milieu de travail, ses mécanismes de résolution des conflits et ses pratiques en matière de ressources humaines, en veillant tout particulièrement à garantir un environnement de travail sûr, inclusif, respectueux et efficace pour toutes les personnes qui soutiennent le mandat du Bureau.
La portée de cet examen s’appuiera sur les recommandations antérieures, les processus de résolution des conflits et les pratiques internes pertinentes afin de garantir que les enjeux aient été traités de manière équitable, transparente et conforme aux principes directeurs du Bureau.
Il sera également demandé aux auteurs de cette évaluation de formuler des recommandations concrètes visant à favoriser l’amélioration continue, alors que le nouveau commissaire et les nouveaux directeurs prendront leurs fonctions pour mener l’Office vers sa prochaine étape.
Notre objectif est simple : veiller à ce que le Bureau puisse continuer à se développer en s’appuyant sur des normes de performance élevées et à servir efficacement les peuples et les communautés autochtones.
La protection, la revitalisation et la promotion des langues autochtones au Canada revêtent une importance capitale. Ces langues sont porteuses d’histoires, de savoirs, de lois, de relations, d’identités et de visions du monde qu’il est essentiel de préserver et de renforcer pour les générations futures.