Conférence PULiiMA 2025 : la revitalisation des langues au-delà des frontières

Août 2025, Darwin, Australie

Le Bureau du commissaire aux langues autochtones (le Bureau) a participé à la conférence PULiiMA sur les langues autochtones et la technologie, décrite comme la plus grande conférence sur les langues autochtones de l’hémisphère Sud. Le rassemblement a lieu tous les deux ans et des champions des langues de toute l’Australie et du monde entier y convergent pour échanger des connaissances, partager des pratiques prometteuses et renforcer les réseaux mondiaux pour faire progresser les efforts de revitalisation des langues.

La conférence a été ouverte par les peuples Larrakia, gardiens traditionnels du territoire, avec une « reconnaissance du pays ».  La Commission a été invitée à participer à leurs protocoles culturels dans le cadre d’une cérémonie de l’eau salée dirigée par des aînés et des gardiens du savoir Larrakia. C’était un moment important qui a donné le ton des jours à venir en honorant la terre, la mer et les ancêtres.

La Commission a eu l’honneur de contribuer et de participer à plusieurs séances et rencontres au cours de la visite. Elle a rencontré des représentants du centre de technologique linguistique autochtone Miromaa (Miromaa Aboriginal Language Technology Centre), qui exploite l’utilisation d’outils numériques pour soutenir des projets linguistiques communautaires en Australie et à l’étranger. Elle a également fait une présentation lors d’une séance qui a réuni plusieurs grands « pics linguistiques » autochtones et organismes qui travaillent fort pour mettre en œuvre le cadre « combler l’écart » (Closing the Gap). Le cadre réunit des gouvernements et des organismes autochtones dans le but de fixer des objectifs mesurables. Le partenariat sur la politique linguistique des insulaires du détroit de Torres (Torres Strait Islander Languages Policy Partnership) a été lancé en 2022 et s’est accompagné d’un investissement fédéral de 20,8 millions de dollars pour soutenir la mise en œuvre à l’échelle nationale. La cible 16 du cadre « Combler l’écart » consiste à accroître de façon soutenue la force de leurs langues d’ici 2031.

La Commission a rencontré des représentants de l’Aboriginal Languages Trust, créé en vertu de la Aboriginal Languages Act de la Nouvelle-Galles du Sud (2017), qui joue un rôle important dans le soutien aux pôles linguistiques régionaux. Ce fut une occasion de travailler ensemble, d’échanger des connaissances et d’apprendre la structure et le fonctionnement du Trust dans le but d’appuyer les communautés.

Le commissaire Ignace a prononcé le discours d’ouverture, Out from the Shadows and Into the Light: the Role of the Office of the Commissioner of Indigenous Languages (de l’ombre à la lumière : le rôle du Bureau du commissaire aux langues autochtones), où il a parlé du parcours de longue haleine, qui commence par le Groupe de travail sur les langues et les cultures autochtones et qui se poursuit vers l’adoption de la Loi sur les langues autochtones et la création de la Commission. Il a partagé les principales initiatives et priorités depuis sa création. Il a ensuite adressé un message à la prochaine génération de guerriers défendeurs de la langue, en affirmant que la revitalisation de la langue sera mesurée par le nombre d’enfants qui grandiront en parlant couramment leur langue. Il a souligné l’urgence d’avoir accès à des mesures de soutien, à des ressources et à des environnements où leurs langues sont normalisées à la maison, dans leur communauté, à l’école et dans les médias.

Après le discours principal, le commissaire s’est joint à une table ronde intitulée « De la terre sacrée au cyberespace : vivre dans un monde en évolution », où il a parlé du lien indissociable entre la langue, la terre et les savoirs dont ils proviennent.

Au cours de l’événement, des représentants de la Commission ont participé à un événement parallèle Canada-Australie, où ils ont engagé un dialogue sur des questions d’actualité, des pratiques prometteuses et les principaux points à retenir. La Commission a parlé de l’organisation de son premier sommet mondial, ONDES 2025, et a souligné les bienfaits de la création d’un engouement pour les langues autochtones, notamment en mettant l’accent sur les jeunes.

PULiiMA était une célébration des langues, de la technologie et de l’art en tant qu’expressions du savoir vivant. Le gala du soir, où les participants étaient invités à partager des chansons dans leur langue, a été un fait saillant de l’événement. PULiiMA a montré que, malgré les différences géographiques, les peuples autochtones du monde entier partagent bon nombre des mêmes aspirations pour leurs langues : les entendre parler par les enfants, les voir prendre de l’ampleur dans les foyers et les communautés, et veiller à ce qu’elles restent dynamiques pour les générations futures. Les relations renforcées, les connaissances échangées et les idées partagées tout au long du rassemblement ont réaffirmé l’importance de la collaboration internationale si l’on veut faire progresser la revitalisation des langues autochtones. La Commission est repartie inspirée par l’innovation, le leadership et le dévouement des champions des langues autochtones du monde entier, et se réjouit à l’idée de nourrir ces liens pour créer un avenir où les langues autochtones sont florissantes, visibles et célébrées.